Hissez haut les talons !

J’avoue quand j’ai découvert les talons hauts il y a quelques années, je suis devenue addict. Plus c’était haut, plus le talon était fou, travaillé, architecturé, improbable, mieux je me portais. Mieux je le portais.

Et pas de souci pour trotter, cavaler, pavéler (se prendre les pavés), juchée sur 12 à 15 cm. Je n’avais pas encore compris que Carrie Bradshaw, ce n’était pas la vraie vie.

Ça c’était avant. Avant que je ne pète la cheville pour cause de talons hauts, véridique, ça m’est arrivé. Il faut que je vous raconte.

Pendant 3 mois j’ai dis « je sais pas ce que j’ai, j’ai mal au pied » (la nana qui sait pas distinguer son pied de sa cheville…), « ça fait comme une pointe dans le talon, c’est bizarre ». Pensez-vous que j’aurais pensé à descendre de mes talons d’estale ? Que nenni, je continuais à trotter vaillamment. Moi vivante, on ne me verra pas en plat.

Et puis un jour je suis allée voir le médecin, pour tout autre chose (ça m’arrive tous les 15 ans, mais ça m’arrive) et là au détour de la conversation je parle de ma cheville. La dame m’envoie voir un expert, un kiné ostéo.

Le monsieur a fait un truc de moutchakou avec ma cheville qui s’était gentiment déboitée, comme si elle cherchait à s’évader la coquine. Il m’a demandé comment je m’étais fait ça. J’ai dis je ne sais pas, pas sportive pour un sous, c’est pas ça, pas de chute ces deniers temps, c’est pas ça.

Et puis il a regardé mes chaussures d’un air circonspect. « Vous marchez toujours avec des talons aussi hauts ? ». Quelle question ! Moi, fière « bien sûr, j’aime prendre de la hauteur ». Petite mais perchée quoi.

« Tous les jours ? » me demande-t-il, l’ai un peu plus atterré.

« Bah oui. » (quelle question !)

« Ne cherchez plus » qu’il m’annonce d’un air très grave, « c’est eux »

« Qui ça eux ??? »

« Eux » fait-il en pointant un doigt accusateur vers mes belles Zanotti.

« Eux ????? Meuhhhhhhhh, bahhhhhh, hééééé, non quoi ! »

Verdict. 6 mois de rééducation. 1 an et demi sans talons.

Bon, ça n’a pas que du négatif tout cela :

1/ j’ai découvert que les ballerines, les baskets et les sneakers, ça pouvait être sacrément classe.

2/ j’ai découvert qu’on marche quand même mieux quand on a les pieds bien fixés au sol.

3/ j’ai musclé mes chevilles et j’ai même passé une super soirée en « rééducation » à la Talon Academy (bah oui, j’avais été traumatisée, fallait bien que je renoue avec les hauteurs en douceur)

4/ j’ai découvert la technique baskets / escarpins, genre je me sens l’âme d’une New Yorkaise

Depuis, j’avoue, j’achète moins de chaussures à talons, je prends des trucs bizarres, genre des compensées ou des gros talons carrés, j’évite les talons de plus de 10 cm, je ne porte plus de talons quand je sais que je vais devoir cavaler d’un point à un point  puis dans tout Paris.

Et surtout j’ai commencé à développer une théorie selon laquelle les beaux HAUTS talons pourraient ne pas être fait pour être portés, mais admirés et collectionnés. Des oeuvres d’art en somme, conçues et créées pour la beauté du geste, de la courbe, des motifs, des matières. Bref, pour se rincer l’oeil et puis c’est tout.

Aller, juste pour le plaisir, une petite sélection qui donne juste envie d’être regardée !

higher, the heels
De haut en bas : Giuseppe Zanotti, Aperlai, Jerome C Rousseau, Pollini, Le Silla, Nicholas Kirkwood
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